Imprimer

7 juin 2013 - Les addictions : une politique publique de réduction des dommages. Pour un "chantier présidentiel"

Le Professeur Michel Reynaud a présenté  à la Présidente de la MILDT le rapport "Les dommages liés aux addictions et les stratégies validées pour réduire ces dommages" élaboré par le comité de pilotage qu’il animait. Fruit des nombreuses contributions d'experts et d'intervenants du secteur de l'addictologie puis d'une large concertation s'inscrivant dans les travaux de préparation du futur Plan gouvernemental de lutte contre les drogues et les toxicomanies, ce rapport confirme le niveau important des dommages sanitaires et sociaux liés à l'usage de substances psychoactives, tabac et alcool en premier lieu, et aux pratiques addictives ainsi que les limites voire l'échec, notamment auprès des jeunes, des politiques centrées sur la prohibition et la pénalisation.

 

Le rapport souligne l'obsolescence de la division entre produits licites et illicites, comme l'A.N.P.A.A. l’a déjà exprimé à propos de la loi de 1970 dont elle demande la modernisation, « la prime donnée à l'alcool » par cette division et la nécessité de faire évoluer les représentations sociales sur les produits addictifs et leur dangerosité respectives en les confrontant à l'état des connaissances validées et aux réalités des pratiques addictives en France et en Europe. Il appelle à un large débat sociétal et politique préalable à l'indispensable évolution des dispositions législatives et règlementaires en matière de et d'addictions.

 

La prévention doit pouvoir intervenir au plus près et au plus tôt. Recevant une large approbation de principe, la prévention voit ses financements réduits chaque année et reste l'éternel parent pauvre des politiques publiques de santé. Elle doit enfin recevoir la reconnaissance et les moyens budgétaires qui lui permettent de remplir ses missions, particulièrement auprès des jeunes, des personnes en situation de précarité et des publics vulnérables.

 

La nécessité de réduire les dommages individuels et sociétaux ainsi que le coût social liés aux addictions impose une rénovation de l'action publique. Basée sur des données scientifiques validées et non sur des représentations erronées et des partis pris idéologiques, l'action publique doit s'opposer par des mesures législatives ou règlementaires (fiscalité, publicité, dépénalisation...) et par le renforcement des actions de prévention et de soins aux facteurs addictogènes actifs dans notre société. Centrée sur les personnes, son objectif doit être de créer les conditions qui leurs permettent de trouver, par eux-mêmes ou avec l'aide d'accompagnements spécialisés, les solutions pour atteindre un meilleur équilibre de vie.

 

Face à la place prise par les pratiques addictives dans notre société et à l'ampleur des dommages individuels et sociétaux induit, vu la diversité, le nombre et la complexité des mesures à prendre et des actions à mener proposées par le rapport du Pr Reynaud, vu enfin la nécessité de les intégrer pour conduire une politique publique déterminée, cohérente et clairement lisible, l'A.N.P.A.A. soutient la demande que la prévention des addictions constitue un « chantier présidentiel ».



Contacts :
Dr Alain Rigaud, Président de l’ A.N.P.A.A. : 06 08 22 25 29

Dr Patrick Daimé, Secrétaire général de l’ A.N.P.A.A. : 06 80 87 90 00