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6 juin 2008 - Plus de 100 000 morts évitables par an - un fait culturel acceptable ?

Madame Christine Albanel, Ministre de la culture et de la communication, remet en cause l’efficacité de l’interdiction de la publicité pour le tabac et l’alcool : « la loi Evin concernant les publicités alcool et tabac est d’une extrême sévérité et pourtant, un jour sur deux, on découvre dans la presse des articles évoquant l’alcoolisme croissant des jeunes. C’est bien la preuve que la pub n’est qu’une partie du problème » .

Chaque année l’alcool tue 45 000 personnes, le tabac 60 000. Ne nous habituons pas à cette tragédie. Tout doit être fait pour la réduire ! Si bien évidement la publicité n’est pas seule en cause, elle y contribue largement : ne relâchons pas la vigilance !

Contexte de consommation en France
Alors que la consommation globale d’alcool, en France, est en baisse depuis quarante ans, notamment chez les jeunes, les comportements et les usages changent. On constate une hausse de la consommation ponctuelle et excessive, une recherche systématique de la défonce. La moitié des jeunes de 17 ans déclarent avoir bu plus de 5 verres en une seule occasion au cours du dernier mois. Les conséquences en termes d’accidents, de violences, de comportements à risque et d’effets sur la santé sont des réalités hélas bien réelles.

La consommation globale de tabac en France est en baisse. Malgré une baisse significative de 5 % entre 2003 et 2005, l'usage quotidien reste largement répandu. 41 % des jeunes de 17 ans déclarent avoir consommé du tabac au cours des trente derniers jours . On constate, notamment, que de nombreuses jeunes femmes ont tendance à accroître leur consommation, se rapprochant ainsi de la pratique des hommes.

La mobilisation en faveur de la santé doit être poursuivie.

Des stratégies publicitaires ciblées sur les jeunes,
Les producteurs d’alcool et de tabac ont toujours pour ambition de susciter plus de consommation.

Questions de marketing et de publicité : une présentation soignée du produit (look branché, coloré, inoffensif, gai…), l’initiation dès le plus jeune âge en créant des produits sucrés qui n’ont pas le gout de l’alcool ou du tabac, la création d’un engagement affectif envers les marques qui acquièrent une valeur emblématique, l’omniprésence massive de celles-ci dans les événements fréquentés ou organisés par des jeune, l’association systématique de certains loisirs à des marques d’alcool, de tabac…

Ne laissons pas le marketing et la publicité gouverner notre santé !

Effet de la publicité sur la consommation
Susciter, par la publicité, une tabagie alors qu’il est reconnu que c’est un produit qui génère très fortement et très rapidement une addiction, est faire preuve d’irresponsabilité. Promouvoir un accroissement de la consommation d’alcool dont on sait qu’il induira des comportements à risque pour une partie significative de la population est contradictoire avec toute politique de promotion de la santé, notamment, en faveur des personnes les plus vulnérables.

Assouplir la loi Evin pour favoriser la publicité de l’alcool et du tabac en France aboutira donc à une augmentation de la consommation globale de ces produits – c'est l’objectif affirmé. Cela induira, par voie de conséquence, l’augmentation des dommages sociaux et sanitaires. Toute remise en cause – en fait, un démantèlement - de la loi Evin sera à coup sûr préjudiciable à la santé publique et aux Français.

Contacts Presse:
Christian Rossignol, directeur du département activités
Faye Wright, chargée de communication
01 42 33 51 04