Vous êtes sur :

MSTABAC

 

Le lancement de la 5ème édition du Moi(s) sans Tabac qui a débuté le 1er novembre s’est vu voler la vedette par l’annonce du reconfinement en raison de l’accélération de l’épidémie de COVID-19.

 

Alors que l’opération Moi(s) sans tabac – une campagne qui incite les fumeurs à arrêter leur consommation de tabac pendant au moins 30 jours – est en cours tout au long du mois de novembre, le confinement peut rendre encore plus difficile, pour les fumeurs, la décision d’arrêter de fumer.

 

Isabelle Dommanget, animatrice de prévention et consultante en addictologie à l’ANPAA en Bourgogne-Franche-Comté, confirme : « La période est très particulière, les fumeurs peuvent être davantage stressés. Ils vont avoir tendance à remettre à plus tard l’arrêt du tabac ou vouloir se « consoler » avec autre chose, comme avec de la nourriture ou en augmentant leur temps d’écrans par exemple. ». Elle ajoute que des personnes, qui s’étaient inscrites sur le site de l’opération, peuvent changer d’avis et ne plus souhaiter relever le défi.

 

Alors comment faire pour arrêter de fumer durant ce mois de confinement ? Isabelle Dommanget explique comment elle intervient pendant cette période si particulière : « On essaye de de dédramatiser les choses, de trouver des activités, des petites choses toutes simples à faire, des petits plaisirs à s’accorder. On peut aussi les inciter, tout en respectant les règles du confinement, à aller faire un tour, promener le chien, etc. Il est important de trouver des activités annexes pour éviter l’envie de reprendre une cigarette, de grignoter, voire de se tourner vers d’autres substances ».

 

Elle souligne également que les professionnels sont présents pour aider les fumeurs : « C’est essentiel qu’ils puissent soit nous avoir au téléphone, soit qu’ils puissent contacter leurs familles. L’envie en elle-même ne dure pas forcément longtemps mais faire autre chose, discuter, s’occuper, ça permet de s’apaiser et de faire passer l’envie. En cette période pas simple, on essaie, dans la mesure du possible, à être encore plus disponibles pour eux ».

 

Un Moi(s) sans tabac pas comme les autres

A l’occasion du Moi(s) sans tabac, les équipes de l’ANPAA mènent chaque année des actions de prévention auprès des fumeurs. A l’ANPAA en Bourgogne-Franche-Comté, des actions ont été mises en place pour intervenir dans les écoles et dans d’autres structures. Cependant, les actions doivent s’adapter aux mesures sanitaires.

 

Isabelle Dommanget affirme que, malgré le reconfinement, les interventions auprès des lycéens et collégiens ont pu se maintenir. Elle a ainsi pu continuer à animer les émissions radios mises en place il y a 4 ans maintenant : « j’ai pu aller dans un lycée où il y a une radio étudiante pour enregistrer une émission ». Cependant, en tant qu’acteurs de santé, les équipes de prévention sont vigilantes et mènent des actions en présentiel uniquement si la situation le permet : « Avant toutes nos interventions, nous envoyons un protocole d’intervention aux partenaires qui doivent le remplir et nous le renvoyer afin de vérifier que tout peut être respecté. Au sein du milieu scolaire, c’est un peu plus difficile, notamment en termes de distanciation, donc on fait des petits groupes de six élèves maximum. On a tout le matériel de protection nécessaire pour mener nos actions en sécurité ».

 

Les actions de prévention se sont aussi adaptées à la situation avec le développement d’actions à distance : « On a essayé de développer les outils numériques, d’inciter les personnes à télécharger l’application Tabac info service, ou d’autres applications. On n’hésite pas à les orienter vers du numérique, à appeler le 3989 pour avoir un tabacologue ou à nous appeler évidemment ».

 

Ce Moi(s) sans tabac, sonne malgré tout différemment des autres années : « Les années précédentes on faisait plus d’actions de groupe à destination du grand public, on intervenait dans des maisons médicales, on faisait des stands avec des autos-testeurs, maintenant on ne peut plus le faire. On ne peut que recevoir en individuel ». Par exemple, à la maison d’arrêt de Nevers, les équipes de prévention ne peuvent plus mettre en place des groupes avec les détenus, seul les entretiens individuels sont maintenus permettant de remettre un kit Mois sans tabac. Au centre social de Imphy, une action devait être menée sur plusieurs séances avec des adultes et des adolescents, mais cette dernière a dû être annulée.