Vous êtes sur :

Parcours formule 1Un nouveau rapport sur l'ampleur de la publicité pour l'alcool au moment du Grand Prix de Monaco de Formule 1 en 2014 est publié ce 22 mai par l'Alliance Européenne des Politiques Alcool (Eurocare), l’Institut des Etudes sur l'Alcool (Royaume-Uni) et l'Université Monash (Australie). Les conclusions du rapport montrent que le parrainage de la F1 donne lieu à une exposition du public à la publicité de l'alcool extrêmement élevée. Le public est exposé aux marques d’alcool toutes les 5 secondes.

Lors de la course de F1 de Monaco en 2014, il y avait en moyenne 11 références à des marques d'alcool par minute. En d’autres termes 500 millions de personnes (audience) à travers le monde ont été exposées à une marque d'alcool en moyenne toutes les cinq secondes pendant près de deux heures.

 

 

En 2014, pendant le Grand Prix de Monaco de F1, 1352 références à l’alcool ont été relevées (banderoles sur le parcours, les ponts enjambant la piste et les véhicules). L’une des découvertes révèle que la F1 est l’événement sportif prêtant la plus importante visibilité aux marques d’alcool (en général William Martini Racing, Martini – Force India, Smirnoff et Kingfischer – et Mac Laren Honda, Johnnie Walker).


Les auteurs du rapport estiment que les pratiques de parrainage vont clairement à l’encontre de la directive Services Médias Audiovisuels de l'UE qui stipule que la publicité pour l'alcool « ne doit pas associer la consommation d'alcool et l’amélioration des performances physiques ou de conduite ».
En outre, ils considèrent que cette pratique va également à l'encontre des codes volontaires (autorégulation) mis en place par l'industrie de l'alcool elle-même. EUROCARE a déjà soulevé la question du parrainage alcool en F1 à Jean Todt, le Président de la Fédération Internationale de l'Automobile (FIA), qui estime n’avoir aucune responsabilité en ma matière.

 

Un nombre important d’études, dont une récente émanant du groupe scientifique du Forum Alcool et Santé mis en place par la Commission Européenne, montrent que l’exposition à la publicité accroit considérablement la probabilité à consommer de l’alcool chez les jeunes qui ne buvaient pas et augmente la consommation chez ceux qui buvaient déjà.

 

Pour le Dr Kerry O'Brien, spécialiste du comportement à l'Université Monash, en Australie, « la publicité et le parrainage pour l’alcool étaient monnaie courante dans les courses de F1, mais aucune recherche n’avait été effectuée quant à l'ampleur et à la nature de la publicité dans ce sport. Il est important d’examiner au plus près l’ampleur du phénomène publicitaire, au regard d’autres recherches qui ont montré le lien existant entre la publicité et la probabilité accrue de consommation à risque et  nocive chez  les jeunes et les adultes. Ce qui devrait faciliter la prise de décision par les décideurs en faveur d'une réglementation plus stricte ou de l’interdiction de la publicité pour l'alcool ».

 

L’alcoolo-parrainage du sport est une question extrêmement contesté par la plupart des sociétés de médecine et de santé publique en Europe qui appellent clairement à une interdiction semblable à celle existante pour le tabac. Les producteurs parrainent généralement les grands événements sportifs (FA, UEFA et Coupes du Monde, Rugby…) renforçant la problématique en raison de l’augmentation du nombre de jeunes spectateurs.

 

 

Consulter le communiqué de presse