Position de l’ANPAA à propos du « BACLOFENE » (Bureau national du 15 mai 2012)

L’alcoolodépendance est une conduite addictive dont l'installation et la pérennisation procèdent de l'intrication de facteurs biologiques, psychologiques et sociaux. L’aide aux alcoolodépendants implique donc une approche globale, médico-psycho-sociale, systématiquement mise en oeuvre à l’ANPAA.

Sur le plan thérapeutique, l’ANPAA recommande de débuter la prise en charge par les traitements médicamenteux et psychothérapiques validés dont nous disposons actuellement.

Il convient de réserver l’utilisation du baclofène aux patients qui ne répondent pas, ou insuffisamment, aux traitements validés, ou à ceux qui le souhaitent ardemment (demande de « produit miracle », demande « compassionnelle » ou autre raison) tout en reprécisant la place de la chimiothérapie dans l’approche globale de la conduite addictive.


Dans ces cas, la prescription de baclofène se fait hors AMM et doit s'effectuer dans un dispositif de contrôle et de recueil d’information qui anticipe la mise en vigueur du dispositif de recommandations temporaires d’utilisation (RTU), prévu par la Loi du 29 décembre 2011. Un tel dispositif peut permettre d’effectuer de manière encadrée des prescriptions de baclofène avec une augmentation très progressive des doses et une surveillance rapprochée, surtout au début du traitement, compte tenu des nombreux effets indésirables et notamment ceux de type sédatif.

La prescription de baclofène hors AMM implique au préalable de donner des informations précises aux patients, de leur faire signer une reconnaissance écrite concernant cette information, de mettre en place une vigilance

particulière pour dépister les éventuels effets secondaires et de porter la mention « non remboursable » sur l’ordonnance. Cette prescription reste sous la responsabilité personnelle du médecin prescripteur.

L’ANPAA demande la mise en place rapide d’un cadre réglementaire de prescription, comme pour tout médicament. En attendant, elle souscrit à la recommandation formulée par l’Afssaps (aujourd’hui ANSM) que les prescriptions hors AMM de baclofène et les prises en charge soient effectuées par des médecins formés et impliqués dans la prise en charge de l’alcoolodépendance, qu’ils s’agissent de psychiatres, d’addictologues, d’alcoologues ou de généralistes, idéalement de manière pluridisciplinaire.

L’ANPAA souscrit à cette recommandation cohérente avec sa vision thérapeutique en addictologie. L’ANPAA demande par ailleurs que des essais cliniques randomisés soient menés rapidement avec la méthodologie scientifique requise en la matière.

Cette position est une position institutionnelle qui s’adresse à tous mais qui ne saurait s’imposer hiérarchiquement aux médecins salariés de l’ANPAA car chacun d’entre eux est déontologiquement indépendant et responsable de sa prescription.

 

 

 

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