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Le gouvernement a lancé le 3 septembre et jusqu’au 25 novembre, journée internationale pour l’élimination de la violence envers les femmes, le premier Grenelle des violences conjugales. Alors que deux tiers des victimes déclarent que leur partenaire était sous l’emprise de l’alcool au moment des faits, l’ANPAA espère que ce facteur de risque sera effectivement pris en compte dans les suites données au Grenelle des violences conjugales.

 

 

photo violences femmes

 

Les violences faites aux femmes ne se réduisent pas aux seules violences conjugales et doivent être envisagées dans leur ensemble : violences symboliques, économiques, verbales, physiques dont sexuelles.

 

Les chiffres sont édifiants et encore en dessous de la réalité :

 

  • Plus de 219 000 femmes déclarent avoir subi des violences physiques et/ou sexuelles au sein de leur couple dans l’année[1],
  • 130 féminicides ont été recensés en 2017
  • En moyenne, le nombre de femmes âgées de 18 à 75 ans qui, au cours d’une année, sont victimes de viols et de tentatives de viol est estimé à 94 000 femmes.
  • 2/3 des victimes déclarent que leur partenaire était sous l’emprise de l’alcool au moment des faits.

 

Alcool, stupéfiants, facteurs de risque

 

Bien que la relation entre alcool et violence soit complexe et varie selon les individus et les situations, les études de ces dernières années établissent un lien important entre les consommations d’alcool ou de stupéfiants et les conduites violentes. Ce lien causal est récurrent dans les statistiques : l’alcool augmenterait la gravité de certains délits, les risques d’incivilités, d’agressions et de violences conjugales. Paradoxalement, ce facteur de risque peut être perçu par l’opinion publique comme une circonstance atténuante dans la responsabilité des agresseurs.

L'analyse des morts violentes au sein du couple survenues en 2018 et plus particulièrement des 121 féminicides, publiée par la délégation d'aide aux victimes, montre que, dans 55% des cas au moins, l'un des deux, auteur ou victime, est sous l'emprise d'une substance (alcool, stupéfiants, etc.).

 

 

Violences faites aux femmes, une notion transversale aux actions de l’ANPAA

femme verre

 

 

En matière de violences faites aux femmes (non réductibles aux violences conjugales) les liens avec les conduites addictives sont multiples :

  • Sur-représentation des agresseurs sous effet de produit alcool ou stupéfiants ;
  • Vulnérabilité accrue en termes de violences subies chez les femmes en difficulté avec leurs conduites addictives ;
  • Conduites addictives comme anesthésiant pour les femmes victimes de violences.
  • Sur-représentation des problématiques addictives chez les femmes ayant subi des violences, notamment dans leur enfance (psycho traumatismes).

 

Le rôle des professionnel(le)s, en première ligne ou spécialisés en addictologie, est de mieux repérer, écouter ces femmes pour mieux les accompagner et les orienter vers les dispositifs spécialisés.

 

 

 

 

Lutter contre les violences faites aux femmes c’est aussi mieux accompagner les hommes en difficulté avec leurs conduites addictives. Lutter contre les violences faites aux femmes, c’est travailler en réseau étroit avec tous les acteurs, spécialisés ou pas.

 

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[1] Champ : Femmes âgées de 18 à 75 ans, vivant en ménage ordinaire en Métropole. Source : enquête « Cadre de vie et sécurité » 2012-2018 - INSEE-ONDRP. Ces chiffres sont des moyennes obtenues à partir des résultats des enquêtes de 2012 à 2018.

 

 

Pour aller plus loin :

 

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