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Francine Cassiaux, éducatrice spécialisée, à gauche et Danièle Kennel, infirmière, à droiteInterview de Francine Cassiaux, éducatrice spécialisée à l’ANPAA 55 et coordinatrice des plans stop tabac.

 

Le plan stop tabac en entreprise est un plan de sevrage tabagique proposé par l’ANPAA 55 à destination des salariés, pour les entreprises qui en font la demande.

 

A l’origine, le plan stop tabac a été développé à Besançon en 1993, où le tabac était interdit dans les entreprises. C’était une première, à une époque où il était encore permis de fumer dans les bureaux, sur le lieu de travail. C’est en 2005 que le premier plan stop tabac est mis en place en Meuse, sous la coordination de Francine Cassiaux, éducatrice spécialisée, qui a été formée à Besançon. Il a pour objectif d’assurer le soutien individualisé en faisant appel à la dynamique de groupe, d’encourager chaque participant à exprimer ses besoins, d’accompagner la personne dans son cheminement vers une identité de non fumeur, et d’améliorer la qualité de vie en passant à une vie sans tabac.

 

Ce plan de sevrage tabagique se compose de quatre à cinq séances, de près de deux heures, précédées d’une séance d’information générale sur le tabac et suivies d’une séance bilan six mois après. Le plan étant financé par l’entreprise, et les séances prises sur le temps de travail des salariés, ces derniers s’engagent moralement à suivre le rythme des séances. Ce sont les entreprises, désirant aider leurs salariés à arrêter de fumer, qui font appel à l’ANPAA 55 pour mettre en place le plan stop tabac, adaptable aux moyens et aux exigences de la structure.

 

Dans un premier temps, une enquête est réalisée par l’ANPAA et des personnes référentes de l’entreprise afin de sonder les salariés. Suite à cela, une campagne d’affichage est réalisée sur le site afin d’informer les salariés sur la tenue d’une réunion d’information sur le tabac. A cette réunion d’information générale sur les dangers du tabac et les bénéfices à l’arrêt (voir diapo), sont conviés les fumeurs, anciens fumeurs, mais aussi les non-fumeurs. Le programme du plan leur est ensuite présenté. A l’issue de cette réunion, les fumeurs peuvent s’inscrire aux séances du plan stop tabac dont le calendrier est déjà fixé, séances qui réunissent entre 6 et 15 salariés.

 

A chaque séance, différents professionnels interviennent : médecin, infirmière, diététicienne.

  • Lors de la première séance, un bilan tabagique est réalisé par les fumeurs (test de fagerstrom, de motivation, mesure du monoxyde de carbone), chaque participant parle de sa relation au tabac. A l’issue de cette séance, ils repartent avec des consignes à réaliser à la maison, et un « kit » comprenant notamment un calendrier tabagique[1] et un carnet leur est distribué afin d’évaluer leur consommation.
  • Lors de la deuxième séance, des travaux en groupe sont réalisés afin d’échanger sur les raisons qui incitent à fumer, et les difficultés rencontrées (respecter les consignes données). Les participants repartent avec un nouveau calendrier tabagique et de nouvelles consignes.
  • La troisième séance est celle de l’arrêt du tabac. Les participants discutent du suivi des consignes, sont invités à jeter leur paquet de cigarettes pour marquer le début du sevrage et s’identifient comme non-fumeur. Afin de gérer la frustration, les désormais non fumeurs vont constituer une cagnotte qui leur permettra de se faire plaisir grâce à l’argent économisé, de quoi remplacer le plaisir du tabac par d’autres plaisirs quotidiens. A la fin de cette séance, de nouvelles consignes sont distribuées.
  • Lors de la quatrième séance, une diététicienne intervient sur l’équilibre alimentaire à adopter pour limiter la prise de poids, et répond aux questions des cas particuliers. C’est un moment d’échange sur le sevrage tabagique, les difficultés rencontrées, et sur les solutions possibles. A cette séance, les substituts nicotiniques, compris dans le forfait réglé par l’entreprise, sont distribués aux participants. Des consultations individuelles avec l’infirmière du CSAPA sont réalisées en parallèle de la séance collective. Les dernières consignes à faire à la maison sont données. Entre la troisième et la quatrième séance, les participants au plan stop tabac ne bénéficient donc pas de substituts, mais peuvent consulter un professionnel dans un des CSAPA[2] du département.
  • La cinquième séance est celle d’évaluation du plan stop tabac, évaluation qui permet de le faire évoluer en fonction des retours des participants, bien qu’au fil des séances, le nombre de participants ait diminué. Les retours des participants sont plutôt positifs, même si tous n’ont pas réussi à arrêter complètement le tabac.

Six mois après la dernière séance, l’équipe de l’ANPAA 55 peut éventuellement revenir sur le site de l’entreprise pour faire un bilan. A cette occasion, l’équipe rencontre principalement les participants au plan stop tabac, même si cette réunion est ouverte à tous. Elle constitue un soutien à la fin du programme, permet de ressouder le groupe, de discuter du sevrage, et de faire le point sur les réussites et les reprises. De nouveaux exercices et tests sont proposés.

 

Télécharger les consignes à faire à la maison

 

[1] Calendrier tabagique : petit calendrier au format d’un paquet de cigarette, sur lequel les fumeurs marquent la date et l’heure de chaque cigarette fumée.

[2] CSAPA : Centre de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie

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