Vous êtes sur :

tirebouconlogosanssosLa campagne de prévention de l'Institut national du cancer a provoqué la colère de Vin & Société. Son président Joël Forgeau s'étrangle devant le micro de France Bleu en voyant un tirebouchon accompagner un message de réduction de consommation d'alcool. Il déclare que cette campagne fait passer un message totalement inacceptable pour la filière viticole : le premier verre de vin bu est dangereux pour la santé, et oppose ce message à des repères de consommation responsable de vin qu’il tire du rapport publié en mai dernier par l'Institut national du cancer et Santé Publique France.

 

 

Les experts n'ont jamais parlé d’une "consommation responsable de vin", mais recommandent de ne pas consommer plus de 10 verres standards par semaine et pas plus de 2 par jour pour les hommes et les femmes. Ces repères correspondent à un risque absolu de mortalité attribuable à l’alcool sur la vie entière pour la population française entre 1 pour 100 et 1 pour 1000. Il s’agit de limiter les risques qui augmentent progressivement avec la quantité consommée et la fréquence de consommation, il ne s'agit absolument pas d'encourager une consommation d'alcool, prétendument responsable. La consommation de vin représentant 58% de l'alcool consommé, elle est à l'origine de 58 % des dommages sociaux et sanitaires, dont 8 700 morts par cancer. 

 

La vérité scientifique est cruelle pour Joel Forgeau. Tellement cruelle qu'il demande un "dialogue constructif avec les pouvoirs publics pour bâtir une approche équilibrée entre santé, éducation, culture, viticulture et économie". Rappelons que la récente remise en cause de la loi Evin a été imposée par Vin & Société aux acteurs de santé sans même qu'il prenne la peine de faire semblant de dialoguer. L'appel au dialogue est en fait un appel à mettre au pas les acteurs de santé et de prévention.

 

Le lobby viticole se sent d'autant plus fort que son ex-déléguée générale, Audrey Bourolleau, est devenue la conseillère Agriculture d'Emmanuel Macron. L'Elysée va-t-il se saisir de ce tire-bouchon subversif pour entraver toute prévention en santé qui gênerait les intérêts alcooliers ? C'est la question qui se pose aujourd'hui, et ce sera une des clés de lecture de toute politique de santé pendant le quinquennat.

 

Signataires :

  • Fédération Française d'Addictologie : org - Pr Amine Benyamina : 06 84 49 41 46
  • Association Nationale de Prévention en Alcoologie et Addictologie : asso.fr -  Pr. Nicolas Simon : 01 42 33 51 04 / Dr Bernard Basset : 07 86 55 54 53
  • Collège Professionnel des Acteurs de l'Addictologie Hospitalière : e-monsite.com - Pr François Paille : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
  • Coordination des associations et mouvements d'entraide reconnus d'utilité publique : fr - Jean-Claude Tomczak : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
  • Fédération Nationale des Amis de la Santé : org - Jean-Claude Tomczak
  • Fonds Actions Addictions : actions-addictions.org - Pr Michel Reynaud : 06 08 64 65 68
  • Ligue Contre la Violence Routière : fr - Chantal Perrichon : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
  • Société Française d'Alcoologie : asso.fr - Pr Mickaël Naassila : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
  • Vivre avec le Saf : fr - Catherine Metelski : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

 

Personnalités :

  • Gérard Dubois, professeur de santé publique, Académie de médecine
  • Serge Hercberg, épidémiologiste de la Nutrition, Université Paris XIII / Inserm 
  • Catherine Hill, épidémiologiste, Institut Gustave Roussy
  • Albert Hirsch, professeur honoraire de médecine, Université Paris VII

 

Télécharger le communiqué