Un concept dynamique
 

La démarche préventive du risque alcool a évolué dans ses objectifs, ses méthodes et ses moyens.

Elle est passée d’une démarche centrée sur le danger des produits et les conséquences morales de l’alcoolisme (début du XXème) à une démarche centrée sur une information scientifique et sans cesse actualisée du risque alcool.

Aujourd’hui, la démarche préventive est globale. Elle est constituée de l’ensemble des actions qui permettent de promouvoir la santé individuelle et collective.

Cette démarche globale prend en compte l’alcool et les autres produits psychoactifs, les personnes et le contexte de consommation.

La prévention du risque alcool conduit à repérer :

des sujets à haut risque : les jeunes, les femmes enceintes et les sujets comptant dans leur famille un parent biologique ayant un problème d’alcool (dépendance, cirrhose…)

des situations potentiellement dangereuses : manifestations collectives, route, monde du travail…

Elle se met en œuvre avec des méthodes participatives : l’intervenant en prévention n’est pas l’expert, c’est un animateur facilitateur, révélateur des potentialités individuelles.

 

     
  La prévention …..  
     
C’est empêcher les gens de boire ?
Non, l’interdiction n’est pas une solution
La prévention c’est développer les possibilités de chacun à s’épanouir autrement qu’en ayant recours à l’abus d’alcool.
   
     
C’est montrer les méfaits de l’alcool quitte à faire peur à l’aide d’image chocs ?
Non, la peur n’est pas un moyen efficace.

La prévention c’est aider les personnes à identifier les risques liés à l’usage abusif d’alcool ainsi que les possibilités de les réduire.
   
     
C’est sensibiliser dès l’enfance avent les premières consommations d’alcool : après c’est déjà trop tard ?
Non, ce n’est pas trop tard
La prévention c’est utiliser des méthodes adaptées à la réalité des différents publics.
   
     
C’est…uniquement pour les jeunes ?
Pas seulement !
La prévention c’est inciter les adultes à s’interroger sur leurs pratiques d’alcoolisation.
   
C’est provoquer des rencontres avec des personnes abstinentes afin de faire connaître par où elles sont passées " ?
Non, cette démarche ne peut pas être privilégiée en prévention.
La prévention c’est se servir de l’expérience de personnes alcooliques pour enrichir une démarche de réflexion individuelle ou collective.
 
   
C’est donner des informations scientifiques sur l’alcool, ses effets et ses conséquences néfastes ?
Oui, mais la prévention ne peut pas se réduire à l’information.
La prévention, c’est impliquer directement les personnes et les accompagner dans leur réflexion personnelle.
 
   
C’est augmenter le prix des boissons alcoolisées jusqu’à des prix prohibitifs ?
Non, ce n’est pas aussi simple
.
La prévention c’est agir sur l’environnement " sollicitateur " de notre société.
 
   
C’est mettre en place un législation plus sévère ?
Pour quel résultat ?
La prévention c’est faire appel à la responsabilisation de chacun.
 
   
C’est apprendre à bien boire ?
Pas seulement !
La prévention c’est développer les capacités à faire des choix.
 
   
C’est l’affaire des " spécialistes " : médecins, alcoologues, " anciens buveurs " ?
Surtout pas !
La prévention c’est l’affaire de tous, en partenariat.
 
   
  (Source : " 10 questions sur la prévention du risque alcool " , livret conçu par le comité A.N.P.A.A. 35).
   

 
C'est empêcher les gens de boire ?
Non, l’interdiction n’est pas une solution.
   
 

Les boissons alcoolisées font partie de notre culture.

On observe une multitude de motivations de l’usage d’alcool : pour la fête, la convivialité, le plaisir, par curiosité, pour l’oubli, la " défonce ", pour prendre confiance en soi, comme remède au mal-être, pour faciliter les relations sociales.

En relation avec ces motivations, la prévention propose

Que chacun s’interroge sur le rôle que joue le produit dans sa vie.

La prévention vise à développer les possibilités de chacun à s’épanouir autrement qu’en ayant recours à l’abus d’alcool.

Etre soucieux de prévention, ce n’est pas devenir Monsieur anti-alcool ou madame H2O.

Source : " 10 questions sur la prévention du risque alcool " , livret conçu par le comité A.N.P.A.A. 35

 

La prévention, c’est montrer les méfaits de l’alcool quitte à faire peur à l’aide d’images chocs ?
Non, la peur n’est pas un moyen efficace.

 
 

De nombreuses études montrent que l’information systématique et isolée utilisant le ressort de la peur et centrée sur les risques ne suffit pas à modifier les comportements de consommation.

Pour un public d’adolescents en recherche d’identité, la prise de risque et la transgression peuvent être attirantes, au-delà de l’émotion première suscitée par des images chocs.

L’usage abusif d’alcool comporte un ensemble de risques pour la personnes et son entourage. Il convient d’aider les personnes à identifier ces risques ainsi que les possibilités de les réduire.

Source : " 10 questions sur la prévention du risque alcool " , livret conçu par le comité A.N.P.A.A. 35

 

C’est sensibiliser dès l’enfance avant les premières consommations d’alcool : après c’est déjà trop tard ?
Non, ce n’est pas trop tard.

 
 

La prévention-alcool a effectivement plus de chance d’être efficace si elle commence tôt (mais pas sous n’importe quelle forme).

Avec l’enfant, on ne parlera pas d’alcool.

L’attitude éducative des adultes visera le développement des capacités d’agir, de choisir et de décider, la gestion des problèmes et des conflits.

Un peu plus tard, des références à l’alcool pourront

être introduites dans la réflexion sur le fonctionnement du corps humain, autour des besoins biologiques et psychologiques.

Avec des adolescents et des adultes, on s’intéressera

d’abord à leur point de vue sur les différents significations de la consommation d’alcool.

La prévention c’est utiliser des méthodes adaptées à la réalité des différents publics .

Source : " 10 questions sur la prévention du risque alcool " , livret conçu par le comité A.N.P.A.A. 35

 

C’est…uniquement pour les jeunes ?
Pas seulement !

 
 

Il est en effet important de mener des actions de prévention auprès des jeunes.

C’est au cours de l’adolescence qu’ils expérimenteront l’usage et l’abus d’alcool et très souvent en l’associant à d’autres produits (tabac, médicaments, substances illicites).

Il est nécessaire que les adultes s’interrogent sur leurs pratiques d’alcoolisation dans les contextes professionnels ou festifs.

C’est en étant le plus clair possible dans leur relation à l’alcool, qu’en tant que citoyens, ils peuvent jouer leurs rôles éducatifs auprès des plus jeunes.

Il n’en reste pas moins que les problèmes liés à la consommation d’alcool peuvent concerner tout le monde et tout au long de la vie :

Lors d’abus occasionnels dans un moment convivial ou festif,

Pour soulager durablement ou passagèrement un état de mal-être lié à des difficultés personnelles.

Source : " 10 questions sur la prévention du risque alcool " , livret conçu par le comité A.N.P.A.A. 35

 

C’est provoquer des rencontres avec des personnes abstinentes afin de faire connaître par où elles sont passées " ?
Non, cette démarche ne peut pas être privilégiée en prévention.

 
 

La rencontre avec " d’anciens malades alcooliques " sous forme de témoignages fonctionne sur le registre de l’émotionnel.

C’est un moment fort, chargé d’émotion, pendant lequel l’auditoire est plein de compassion pour la souffrance présentée.

Il y a à la fois une sorte de fascination devant ce vécu parfois dramatique et en même temps une distance très grande : " je ne peux pas m’identifier à cette personne, sa souffrance n’a rien de commun avec ce que moi je ressens et je vis au travers de l’alcool (la fête, le plaisir, les effets positifs…) ".

La rencontre avec des personnes ayant eu un problème d’alcool peut avoir un intérêt s’il s’agit de répondre à la demande d’une personne ou d’un groupe qui a déjà engagé une réflexion (recherche, questionnement, expression, formation).

Source : " 10 questions sur la prévention du risque alcool " , livret conçu par le comité A.N.P.A.A. 35

 

C’est donner des informations scientifiques sur l’alcool, ses effets et ses conséquences néfastes ?
Oui, mais la prévention ne peut pas se réduire à l’information.

 
 

L’information peut participer à l’évolution des opinions, des attitudes et des comportements vis-à-vis de l’alcool si elle est recherchée par la personne elle-même et si cette information alimente une réflexion personnelle.

Il apparaît donc primordial que les activités proposées reposent sur une implication directe des personnes.

C’est la personne (enfant, adolescent, adulte) qui est au centre de la démarche de prévention.

Une action efficace ne peut pas se contenter d’être centrée sur la connaissance des produits car cela sous-entend que seul le produit serait à l’origine des troubles.

Source : " 10 questions sur la prévention du risque alcool " , livret conçu par le comité A.N.P.A.A. 35

 

C’est augmenter le prix des boissons alcoolisées jusqu’à des prix prohibitifs ?
Non, ce n’est pas aussi simple
.

 
 

Car lorsqu’on choisit de boire un demi plutôt qu’une limonade, c’est en général plus pour ressentir les effets de l’alcool que par souci d’économie.

Néanmoins, dans le cadre d’une politique nationale de prévention il est important de mettre en œuvre des mesures tendant à limiter l’abus d’alcool (réglementation de la publicité, augmentation des taxes…) et à encourager la consommation de boissons non alcoolisées.

Il faut aussi tenter de réduite le nombre de situations à risques (conditions de travail difficiles, stress, pression du groupe, habitudes culturelles…)

Ces mesures agissent sur l’environnement " sollicitateur " de notre société.

Source : " 10 questions sur la prévention du risque alcool " , livret conçu par le comité A.N.P.A.A. 35.

 

C’est mettre en place une législation plus sévère ?
Pour quel résultat ?

 
 

Il existe déjà en France une législation (alcoolémie légale, protection des mineurs et ivresse publique, loi Evin…) qui n’est que partiellement appliquée.

Avant de renforcer le dispositif, veillons plutôt à ce qu’il soit appliqué.

Tout doit être mis en œuvre pour une évolution des mentalités. Seule une prévention faisant appel à la réflexion et à la responsabilisation de chacun pourra efficacement et durablement engendrer des changements de comportements.

Pour cela, il faut y mette les moyens.

En 1999, la participation de l’Etat au financement de la prévention du risque alcool est égale à 1FF par an et par habitant (2 FF par an et par habitant pour le soin)

Source : " 10 questions sur la prévention du risque alcool " , livret conçu par le comité A.N.P.A.A. 35

 

C’est apprendre à bien boire ?
Pas seulement !

 
 

Une éducation au goût, en ce qui concerne l’alimentation, commence dès l’enfance. Le plaisir gustatif et la découverte des saveurs différentes contribuent à une ouverture culturelle.

Rechercher la qualité des boissons alcoolisées et leur usage modéré peut être un objectif de la prévention.

Mais n’oublions pas que le recours à l’alcool à l’adolescence est dans la grande majorité des cas motivé par la recherche des effets psychotropes (amélioration de la confiance en soi, meilleure communication, ivresse, " défonce "…).

Une prévention-alcool basée sur une notion de " savoir-boire " ou de " bine boire " se réfère à des jugements de valeurs qui diffèrent selon les groupes sociaux, les cultures régionales ou ethniques.

L’objectif est de développer les capacités à faire des choix et non d’imposer des comportements.

Source : " 10 questions sur la prévention du risque alcool " , livret conçu par le comité A.N.P.A.A. 35

 

C’est l’affaire des " spécialistes " : médecins, alcoologues, " anciens buveurs " ?
Surtout pas !

 
 

Si on considère que pour être efficace la prévention doit prendre en compte l’individu dans sa globalité, dans sa recherche d’un équilibre de vie, c’est donc l’affaire de tous, parents, éducateurs, enseignants, personnels de santé…

Il est conseillé de collaborer avec des personnes –ressources qui ont une compétence en éducation à la santé dans un esprit de partenariat.

Le dialogue et la parole sont les premiers outils de la prévention dans le milieu familial, éducatif ou scolaire.

Quand l’échange est difficile, d’autres moyens d’expression et de valorisation peuvent être utilisés, d’autres interlocuteurs peuvent être proposés.

Source : " 10 questions sur la prévention du risque alcool " , livret conçu par le comité A.N.P.A.A. 35.