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9 juillet 2008 - Plan gouvernemental de lutte contre les drogues et les toxicomanies 2008-2011
une véritable priorité donnée à l’alcool, mais quelle place pour la prévention globale, le médico-social et les associations de terrain ?
L’A.N.P.A.A. se réjouit que la MILDT érige le mésusage de l’alcool en priorité :L’interdiction de l’offre et de la vente d’alcool aux mineurs, de la consommation d'alcool sur la voie publique aux alentours des établissements scolaires, de la vente au forfait et de l’offre gratuite à volonté d’alcool sont des mesures que nous réclamons depuis longtemps. Quant à la mise en œuvre de ce plan, il est dommage que les associations ne soient jamais évoquées, pourtant elles sont des acteurs incontournables de terrain, notamment en matière de prévention primaire, éducation pour la santé et réduction des risques.
De facture classique, ce plan ne propose pas une modification de la loi de 1970 ; en outre, il est regrettable qu’à l’heure du développement des addictions sans produits, notamment les cyberaddictions, le plan maintienne une approche par produits, alcool et drogues illicites, et non une approche comportementale plus large.
La prévention de l’alcoolisation massive des jeunes et le développement de leur prise en charge dans le cadre des « consultations jeunes » est une excellente chose. Mais cela ne doit pas banaliser les premières consommations d’alcool (l’initiation à l’alcool a lieu la plupart du temps en famille) et ne doit pas faire oublier l’alcoolisation excessive des jeunes adultes entrant dans la vie active, bien souvent avec des emplois précaires : 5% des jeunes de 17-25 ans ont un usage quasi quotidien des trois produits associés : alcool, tabac et cannabis, et beaucoup risquent de devenir les personnes dépendantes de demain.
Entre les pratiques de binge drinking des jeunes, et l’alcoolo-dépendance, qui sont au cœur des préoccupations du plan, il ne faut pas oublier l’usage simple, qui peut être la première marche vers une consommation à risques.
Le plan en matière de prévention vise certains publics : jeunes, femmes enceintes, milieu professionnel : cela ne doit pas affaiblir une nécessaire politique globale de prévention s’appuyant sur les conditions socio-économiques et culturelles des usages et comportements.
Alors que le plan prévoit de lutter contre la cybercriminalité en matière d’usage de drogues et de trafic, l’A.N.P.A.A. regrette que ne soit pas évoquée la nécessité de l’encadrement strict de la publicité sur Internet pour l’alcool au moment où cette question est d’actualité au Sénat.
Contacts : Dr Alain Rigaud (01 42 33 51 04 ou 06 08 22 25 29) président de l’A.N.P.A.A. M. Patrick Elineau (01 42 33 51 04) Directeur général de l’A.N.P.A.A. Faye Wright (01 42 33 51 04) Chargée de communication. |